Edito

Quand Biya laissait pourrir la situation à la Fecafoot

Qu’est-ce qu’on n’avait pas dit du président de la République et de notre pays, concernant la mort du football camerounais depuis pratiquement une décennie ? Le prophète Mohammed Iya Shagari Salim était le nouveau Seigneur, le Messie, qui faisait trembler Dieu et Paul Biya. C’était le prochain président de la République, c’était lui le sapeur pompier du football camerounais. On aura tout entendu et dit, quand bien même les mauvais résultats et la descente aux enfers de notre sport roi étaient palpables au vu et au su de tout le monde.

Certains sont même allés très loin, en disant que le sieur Iya était le tombeur de tous les ministres des Sports depuis 1998, après l’affaire Vincent Onana. Avec peut-être raison, parce que le chef de l’Etat a laissé faire et limogeait chaque fois ses ministres quand il y avait une crise entre son gouvernement et la Fecafoot.

Pendant plusieurs années, le Grand Imam Iya Mohammed a régné en maître absolu, il chassait et nommait qui il voulait, il arrosait les sous à ses potes et se faisait chanter les louanges en arabe comme un vrai Pacha. C’était son temps de gloire, il en a bien profité, mais il ignorait que la terre est ronde. Il ignorait aussi qu’il y a un temps pour tout. Un temps pour dresser les uns contre les autres, un temps pour mettre les verrous autour de lui et caller à la Mangeoire, un temps pour vivre entre deux avions, un temps pour narguer le gouvernement camerounais et son chef, sans oublier le prince même d’Etoudi. C’était beau d’être plus royaliste que le roi.

Il ne savait pas qu’il y a un temps pour rire, danser et de s’auto glorifier, mais aussi un jour un temps pour pleurer, être chosifier, avili et écrire des lettres au chef de l’Etat comme ceux qui l’ont précédé à Kondengui. La terre que Dieu a créée est ainsi faite. Aujourd’hui les honneurs et demain la honte, surtout quand on a tenté de marcher sur la République et le peuple.

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L'ex fan des Lions avec Gaston Kelman au Palais des Sports de Yaoundé

Depuis le 4 juillet, lorsque le Cameroun a été suspendu jusqu’à la levée de cette supposée suspension le 22 juillet 2013, il s’est écoulé exactement 18 jours, et c’est le 18 juillet que les autorités camerounaises ont envoyé une mission à la Fifa pour régler la crise qui vient de prendre fin. Durant ce laps de temps, l’ancien président de la Fédé du fond de sa cellule, ainsi que toute sa cohorte de collaborateurs véreux ont compris qu’un Etat est une machine puissante, un monstre froid, qui n’a pas besoin des états d’âme pour régler les humeurs de quelques malfrats affalés sur une marmite de bifteck.

Si nos amis de Tsinga n’ont pas saisi la leçon, il est encore temps qu’ils se tassent comme vient de le faire la fédération internationale de football association, qu’ils ont toujours vénérée comme leur paravent et leur protectorat. La Fifa, disons-le encore, est une association mère à l’échelon international, elle a ses règles de jeu mais elle n’a pas autorité sur l’Etat camerounais, ni même un autre Etat, un Etat reste souverain jusqu’à preuve de contraire.

Nos amis de la petite Mangeoire de Tsinga doivent surtout se mettre en tête que ce président Paul Biya qu’ils ont souvent insulté, en notre présence, de laxiste, de vieux, d’impuissant, soutenant que son pouvoir est dans la rue, que le Cameroun n’est pas dirigé, est tout sauf tous les noms d’oiseaux qu’ils lui ont souvent donnés.

Ce qui s’est passé le lundi 22 juillet est la preuve que l’autorité de l’Etat a été restaurée, que la maîtrise des choses par le président Biya reste incontestable et que désormais avec le Pr Joseph Owona, le football camerounais va renaitre de ses cendres. Tenez ! « Le Comité de Normalisation est composé d’homme de haute expérience en ce qui concerne le sport en général, le football et les clubs en particulier mais également, d’hommes de haute expertise en ce qui concerne le droit et la gestion.

Qu’ils me permettent de les féliciter pour l’honneur qui leur est fait de participer à la refondation du football camerounais, de réitérer qu’ils ont mérité la triple confiance de la Fifa, de la CAF, du Gouvernement de la République du Cameroun et de son chef, S.E Paul Biya.

Qu’ils me permettent de rassurer l’opinion nationale, le peuple sportif et les amoureux de la balle ronde qu’ils ont fait le serment de réussir et d’assurer cette mission kamikaze qui nous interpelle. C’est pourquoi je fais appel mesdames et messieurs, en leurs noms à tous, à tous les personnels de la Fecafoot à une coopération sans faille pour l’heureuse résurrection de la maison Cameroon-Football de leur maison de travail de tous les jours, d’hier et de demain.

C’est pourquoi je fais appel de façon insistante et solennelle au Secrétaire général de la Fecafoot en place, le frère Tombi Aroko Sidiki d’aider le comité à réussir dans sa délicate mais exaltante mission de refondation. », cet extrait du discours de Massayo, le président du CN de la Fecafoot montre qu’il y a effectivement des défis à relever et que notre football était sérieusement plongé dans la merde. N’en déplaise à tous ceux qui du sein de ce bourbier voyaient tout en rose.

Heureusement, heureuse résurrection, il faut repartir sur de nouvelles bases pour que les Lions Indomptables rugissent à nouveau sur la scène internationale lorsque tous les Camerounais seront à nouveau unanimes pour chanter à l’unisson « l’Ô Cameroun, Berceau de nos ancêtres ». Il faudra surtout dès à présent remettre en question le leadership en Afrique et la position critique et rébarbative du Cameroun au niveau du continent et dans le monde.

A ce jour, le Cameroun occupe le 71e rang mondial au classement de la Fifa, alors qu’en 2007 lorsque le ministre Thierry Augustin Edjoa était chassé des affaires, toujours sous la houlette du tout-puissant Iya Mohammed Shagari Salim, le Cameroun était classé 11e mondial et premier africain. Il y a donc 60 places à récupérer au plus vite. Le Cameroun tout entier est donc face à son ombre et son propre destin.

Disons que quand Biya laissait pourrir la situation à la Fecafoot, c’était justement pour mettre finalement un terme à la récréation, qui n’a que trop duré.

Jean Charles Jérémie

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