Quand Ndédi Eyango crie son ras-le-bol

17 décembre 2013

Culture

A la suite de son élection à la Socam, le président et Prince des Montagnes Ndédi Eyango a fait ce discours de rassemblement et de refondation de la société des droits d’auteurs des artistes musiciens. La profondeur de ce discours tranche avec les magouilles et la sorcellerie qui ont constamment caractérisé ce gouffre des artistes. Malheureusement, ce sont ses propos prometteurs qui révoltent la ministre de la culture du Cameroun, on dirait que c’est un péché d’annoncer à ses compatriotes les changements dans un milieu pourri. Au point d’insulter une sommité de la musique camerounaise d’avoir utilisé la double nationalité qui a aidé pratiquement beaucoup de camerounais à se former dans les pays industrialisés et à ramener ce qu’ils ont reçu au bercail.
Voici le discours qui a secoué la fourmilière et qui emportera Ama Tutu Muna dans les prochains jours.
 Jean Charles Jérémie
Le Prince des Montagnes d'attaque, en avant, marche!

Le Prince des Montagnes d’attaque, en avant, marche!

« Chers confrères artistes !
Musiciens, éditeurs, producteurs, interprètes, arrangeurs, ayants droits, membres de la SOCAM !
Je m’adresse à vous, moi et mon équipe, dans le cadre de l’élection d’un nouveau Conseil d’Administration à la SOCAM.
Permettez-moi, pour commencer, de vous traduire le sentiment de frustration qui m’anime face au désastre et à la tourmente dans laquelle la SOCAM et les ayant droits que nous sommes nous nous retrouvons à ce jour.
Chers confrères !
Du haut de mes 30 ans de carrière, je n’avais pas encore vécu autant de tumultes dans le droit d’auteur :
Détournements, vols, corruption, achat des consciences, calomnie, injures publiques, sont les maitres maux qui ont élus domicile dans la famille artistique. Les artistes musiciens ne savent plus aujourd’hui à quel sein se vouer, puisque leur honneur et dignité ont été volés, voire spoliés.
Pourtant la société a fait des créateurs des œuvres de l’esprit des demi-dieux, des personnages vénérables. Cette notoriété, jadis solennelle, n’est autre que sacrilège, profanation aujourd’hui.
Chers confrères !
Avant de m’engager sur la voie de la conquête de la SOCAM, j’ai été interpellé par ma conscience, aussi et surtout par vous.

De cette invective, j’ai été tenu de répondre présent par une action forte marquée par une révolution à mener sur tous les fronts à la SOCAM : réglementaire, statutaire, institutionnelle, fonctionnelle, relationnelle, administrative…
Vous me connaissez bien, très bien même, pour avoir cheminé avec vous et parmi vous dans ce métier à la fois noble et difficile, passionnant et écœurant. J’ai accompagné, j’ai été produit, je me suis produis et aujourd’hui je produis les musiciens du Cameroun, et dont les renommées sont d’envergure internationale.
Je fais donc parti de ceux qui œuvrent pour que la musique camerounaise connaisse ses lettres de noblesse à l’intérieur du triangle national et surtout qu’elle traverse les frontières.
A cet effet, je sollicite votre adhésion à ce nouveau défi : devenir PCA de la SOCAM.
Chers confrères !
Mes motivations relèvent d’un sentiment de déshonneur et de trahison de nos confrères qui trainent le droit d’auteur dans la boue: querelles, détournements, confiscation des droits, piraterie…sont désormais le quotidien des artistes musiciens.
Est-ce que c’est ça notre destin ?
Je dis non !
Non à ce désordre orchestré volontairement par les ennemis de la transparence et de l’équité !

Non au statut de mendiant qu’on colle désormais sur les artistes musiciens !
Non à la misère et à la profanation de nos œuvres !
Non ! Non ! Non !
C’est ensemble que nous allons gagner ce combat, ce challenge !
Ensemble nous allons retrouver notre dignité d’artiste !
Ensemble nous allons gagner !
J’ai besoin de l’intelligence de tous et de chacun ! Chacun de vous a quelque chose à donner à la SOCAM, pour le bien être de tous.
Chers confrères, chers collègues !
Nous devons aller dans les radios pour faire la promotion de nos albums, promouvoir nos Associations et autres Syndicats qui défendent nos droits et autres valeurs, et non pour s’insulter, se calomnier, se détruire. Nous devons rentrer dans les studios enregistrer et produire des albums, les faire diffuser, puis récolter librement et honorablement le fruit de nos efforts, de notre labeur.
Au lendemain de la rentrée scolaire 2013/2014, plusieurs de nos enfants n’ont pas toujours regagné les salles de classe, faute de moyens ou de place dans les établissements secondaires et universitaires, puisque les caisses de la SOCAM sont vides, une SOCAM dont les employés sont sans salaires ni statut professionnel.

Chers confrères !
S’agissant de nos enfants, Je prends l’engagement ferme d’y veiller désormais à chaque rentrée scolaire. Nos enfants doivent commencer l’école à la rentrée scolaire comme tous les autres enfants.
Chers collègues, chers confrères, l’heure du changement est arrivée !
Je vous demande comme un seul homme de dire non !
Non au détournement massif de nos droits !
Non à l’achat des consciences !
Non à la corruption !
Je vous demande comme un seul homme de dire oui !
Oui au changement !
Changement des hommes !
Changement des habitudes !
Changement des mentalités !
Chers confrères ! Savez-vous que détourner nos droits c’est de la piraterie ? Comment imaginez-vous un artiste ou ayant droit pirate ?
Pour mettre fin à ce désordre, et redonner un statut à l’artiste musicien et ayant droits connexes, j’ai élaboré un plan d’action axé sur la refonte totale du système de fonctionnement de la SOCAM. Les idées majeures qui sous-tendent mon action en faveur d’une révolution de la gestion collective du droit d’auteur au Cameroun s’énoncent à travers une dynamique de groupe et d’ensemble :

- Ensemble nous allons proposer des réformes sur certaines dispositions de la loi 2000, notamment sur les œuvres de commande, et les exceptions aux droits d’auteur. Ces dispositions sont aujourd’hui une source d’incompréhension entre les différents protagonistes du droit d’auteur ;
- Ensemble, nous allons mettre en place et renforcer les structures de production des œuvres musicales;
-Ensemble nous allons promouvoir le transfert de technologie à travers une maîtrise des nouveaux outils de promotion et de diffusion des musiques ;
-Ensemble nous allons élaborer et faciliter la mise en œuvre d’une politique sur le droit d’auteur dans la catégorie art musical ;
-Ensemble nous allons développer la connaissance du droit d’auteur auprès des acteurs de développement en vue de son intégration dans les politiques ;
-Ensemble nous allons mettre en place un cadre d’appui à la promotion des productions musicales ;
-Ensemble nous allons élaborer et proposer à la tutelle un cadre législatif favorable au développement des industries musicales ;
-Ensemble nous allons renforcer les outils de protection du droit d’auteur en modernisant, notamment, le réseau et les fichiers des ayants de la SOCAM ;
-Ensemble nous allons développer l’enseignement et la vulgarisation du droit d’auteur;
-Ensemble nous allons créer au sein des Associations, Syndicats et autres regroupements artistiques des unités de développement du droit d’auteur ;

- Ensemble nous allons renforcer les capacités de la SOCAM en vue de la mise en œuvre d’un programme national de développement du droit d’auteur;
- Ensemble nous allons favoriser la mise en place un cadre juridique et institutionnel de lutte contre la piraterie, en vue d’assurer aux auteurs, compositeurs, interprètes, arrangeurs… une protection de leurs œuvres.
- Ensemble nous allons Développer un partenariat gagnant gagnant avec les Organismes Internationaux (OAPI, OMPI, INPI) qui ont en charge la gestion du droit d’auteur ;
- Ensemble nous allons collaborer de manière responsable avec la tutelle.
-Ensemble nous allons changer la SOCAM, grâce à l’implication de vous tous, chacun à son niveau et selon ses compétences et surtout du soutien des pouvoirs publics, notamment le Ministère des Arts et de la Culture(MINAC).
Notre projet est ambitieux, mais réalisable. C’est ensemble qu’il faut relever ce défi, notre défi de voir naitre une SOCAM dépouillée de toute prévarication.

Je sais m’appuyer sur vous !
Vous pouvez compter sur moi !
Que vive à jamais une SOCAM saine, digne et responsable !
Que vive à jamais le MINAC, notre tutelle !
Que vive à jamais notre cher et beau pays le Cameroun ! »

Ndédi Eyango

À propos de lastucieux

Je suis un journaliste camerounais, j'aime la production audiovisuelle, la présentation des journaux et des émissions spécialisées, j'aime le travail bien fait. Je souhaite que le gouvernement camerounais et les capitaines d'industrie soutiennent ceux qui se battent pour l'amélioration des conditions de vie des Camerounais, tous métiers confondus.

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