Le photo-journaliste qui a failli être éliminé

9 octobre 2013

Sport

 

Jules Kouonang Watong a dû fuir sa terre natale pour se mettre en sécurité dans un pays où la liberté d’expression, la démocratie et le respect des droits de l’Homme sont effectifs. Son exemple continue à servir d’école durant les séminaires de formation.

Dans le cadre de la célébration de l’édition 2013 de la journée internationale de la liberté de la presse vendredi 3 mai dernier, plusieurs conférences et débats ont été organisés par des journalistes dans diverses villes camerounaises. 

 

Le photo-journaliste qui a failli être éliminé dans Sport lati-2-300x200

L'international Lati au stade

Au cours d’un de ces débats à Yaoundé la capitale de ce pays situé en Afrique centrale, des invités sont revenus sur la triste et douloureuse expérience vécue entre août et septembre 2011 ( la veille de l’élection présidentielle tenue au mois d’octobre de cette année-là) par le photo-journaliste Jules Kouonang Watong. 

Spécialisé dans la couverture de divers événements (politique, économique, sportif, culturel…) pour le compte de diverses publications dont les médias cybernétiques www.camfoot.com et www.sourcesducameroun.com où il était employé à plein temps, le photo-journaliste Jules Kouonang Watong avait, à cette période-là, été arrêté et torturé par les forces de l’ordre camerounaises habituées à ce genre de pratiques inadmissibles sous d’autres cieux.

Le chemin de croix du photo-journaliste Jules Kouonang Watong commence courant juin 2011, au lendemain du meeting de lancement de la campagne du candidat Paul Biya – président du Cameroun depuis le 6 novembre 1982 et président national du Rdpc dès sa création en mars 1985 – pour le compte de l’élection présidentielle du 9 octobre 2011. 

En fait, sa mission était de couverture ce meeting politique à Eséka (chef-lieu du département du Nyong et kelle dans la région du Centre) le 18 juin 2011 pour le média cybernétique www.sourcesducameroun.com. Le reporter a par ailleurs été approché par nombre d’habitants de cette localité en décrépitude avancée et considérée comme fief de l’Union des Populations du Cameroun (Upc) qui est le plus vieux parti de l’opposition au Cameroun.

A Jules Watong Kouonang, ces habitants d’Eséka avaient fait part de leur mécontentement par rapport à l’abandon de leur ville de la part du gouvernement camerounais. Ils ont également déploré l’attitude des responsables locaux du RDPC au pouvoir qui n’œuvrent pas du tout pour le développement de la localité. 

Certains habitants lui avaient par la suite révélé au reporter qu’ils se sont rendus au meeting de lancement de campagne du chef de l’Etat Paul Biya dans le seul le but de recevoir, chacun, 5000Fcfa (Cinq mille francs Cfa). L’événement en question était présidé par le secrétaire général du Rdpc de l’époque, René Emmanuel Sadi, qui est aujourd’hui ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation (Minatd) au Cameroun.

 

lati-1-2-300x200 Reporter en situation dans Sport

Le photo-journaliste sur le terrain

Dans son article intitulé « Présidentielle 2011 : le Rdpc corrompt dans le Nyong et Kelle », publié par www.sourcesducameroun.com, le photo-journaliste avait alors insisté sur les révélations faites par les populations au sujet de l’instrumentalisation de leur pauvreté par les caciques du pouvoir qui passent le temps à les corrompre et à s’enrichir de manière illicite au lieu d’œuvrer pour le développement de la localité. 

Il était très loin, mais alors très loin, d’imaginer qu’avec la publication (mise en ligne) de son article, il signait ainsi son arrêt de mort. Bref, cet article avait ipso facto fait de lui une proie à abattre par ces caciques et autres cadres du parti dont les forces de sécurité (police, anti-gangs, police secrète…) et l’Armée (militaires, gendarmes…) sont un des bras séculiers au Cameroun.

Traqué par ces forces de sécurité d’une autre époque dès la publication de son article, Jules Watong Kouonang est finalement arrêté courant août 2011 (plus précisément le 27 août 2011). Conduit dans une unité de police de Yaoundé sa ville de résidence à l’époque, il est jeté en cellule sans formalités d’usage au niveau de la main courante, ceci après avoir été torturé au point d’être bien amoché. 

Bien que libéré deux jours plus tard dans un état très inquiétant, le reporter et sa famille qui ne cessaient de recevoir, de leurs bourreaux, des menaces de mort (sa tendre épouse et ses quatre enfants), Jules couramment appelé l’international Lati s’est trouvé dans l’obligation de fuir le pays en catimini pour une destination qui reste inconnue, en abandonnant ainsi sa dulcinée et leur progéniture. 

Cette situation presque dramatique vécue par le photo-journaliste Jules Kouonang Watong n’est qu’une illustration des souffrances qu’endurent les hommes de médias et leurs auxiliaires au Cameroun. Les cas d’abus sur les hommes médias et autres violations de leurs droits même les plus élémentaires sont légions dans notre pays. On n’oubliera pas de si tôt la disparition du Directeur de Publication Bibi Ngotta à la prison centrale de Yaoundé il y a quelques temps.

Zigli Mot

 

À propos de lastucieux

Je suis un journaliste camerounais, j'aime la production audiovisuelle, la présentation des journaux et des émissions spécialisées, j'aime le travail bien fait. Je souhaite que le gouvernement camerounais et les capitaines d'industrie soutiennent ceux qui se battent pour l'amélioration des conditions de vie des Camerounais, tous métiers confondus.

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