Les cotes parts au centre de la confusion

18 juillet 2013

Santé

A son arrivée à l’hôpital, Gervais Stanislas Mvogo disait à son personnel qu’il avait décidé d’arrêter le banditisme de l’hôpital et de boucher les trous causés par son prédécesseur. Or selon le même personnel, avant lui tout allait bien, personne ne se plaignait des arriérés et des problèmes de distribution des cotes parts.

Il semble qu’il y avait trois caisses qui fonctionnaient, il a ramené ces caisses en une seule, mais pour eux rien ne va toujours pas. « L’ancien directeur monsieur Fouda François était pour nous un père noël, celui-ci est un radin, qui empochent tous les avantages pour son équipe privée. », renvoie un infirmier qui cache à peine sa gêne.

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L'ambulance de l'hôpital en place

Dès le départ, il y avait des arriérés de cotes parts de 3 mois, le boss a tout fait pour les minimiser, de manière à les éponger. Les cotes parts étaient payées le 5 du mois, il a commencé à les régler le 14e jour du mois. Et pour qu’il paie les arriérés, il a fallu un grand mouvement d’humeur.

« Les gens avaient à partir de 13.000 francs comme cote part avant, pendant ce même temps, les Majors percevaient la somme de 22.000 francs. Mais par la suite, il les a ramenées entre 5 et 7.000 francs, qu’il n’arrive même pas à restituer. », précise un agent débordé par le fonctionnement de la direction actuelle.

Pour tenter de redresser la pente, le maire de Mbalmayo, l’ancien Ambassadeur du Cameroun au Japon, Dieudonné Zang Mba Obélé, s’est rendu à l’hôpital pour demander au nouveau directeur de travailler avec le collège des cotes parts, mais ce dernier aurait refusé de le faire.

Il faut préciser que la cote part, dont il est question, est le pourcentage qui est versé au personnel dans les productions de l’hôpital, savoir, les frais de morgue, d’hospitalisation et autres ventes de médicaments. Dans ces entrées, le personnel reçoit 30% de cotes parts.

Ce sont ces revenus que le directeur confisque et bousille avec son équipe restreinte. A Yaoundé, soutient un agent, les mêmes cotes parts s’élèvent entre 60 et 90.000 francs dans les hôpitaux, alors qu’à Mbyo, le petit nom de la ville cruelle, les agents ont entre 5 et 7.000 francs.

batiment-mbyo-300x225 Hôpital dans Santé

Bâtiment à l'entrée de l'hôpital

A ce sujet, le Directeur de l’hôpital dit qu’il n’a jamais eu d’arriérés de cotes parts depuis qu’il travaille. « Je suis à ma 7e année de Directeur, j’ai toujours réglé ce problème. Les cotes parts de ce mois seront payées la semaine prochaine, l’économe était en congé, c’est pour cette raison qu’il y a un léger retard.», avoue Mvogo. Sur la même question, des sources avouent qu’il n’y avait jamais eu de problèmes de cotes parts avant l’arrivée du directeur actuel.

Il reste maintenant de savoir ce que deviendra l’hôpital de District de Mbalmayo qui est désormais secoué par une forte concurrence. Il y a l’hôpital Saint Luc et Saint Rosaire, qui étaient des dispensaires avant d’être érigés en hôpitaux.

Il y a ensuite trois centres de santé bien équipés, qui arrachent tous les patients de Mbyo et ceux qui viennent d’ailleurs. Aujourd’hui quand vous allez à l’hôpital de District, qui est considéré comme l’hôpital des Chinois, alors qu’ils ont une partie de l’hôpital grâce à la coopération sino-camerounaise, les malades se comptent au bout des doigts.

Les mauvais traitements, le vol des médicaments des malades, les mouvements d’humeur permanents et le manque de conscience professionnelle, sont à l’origine de la débandade générale observée.

On peut aussi ajouter le conflit permanent entre la médecine chinoise et celle des blancs tenue par les Camerounais, qui sont eux-mêmes incapables de tenir le coup. Sans oublier l’orgueil du directeur en place à défendre.

Dans les débats internes, les Camerounais disent que les Chinois sont arrivés pour appauvrir leurs frères malades avec des prix mirobolants, mais à y voir de près, ceux qui défendent leurs frères sont pires que les Chinois eux-mêmes. Le Directeur soutient qu’il a insisté pour que les Chinois lui donnent les équivalences des médicaments en français. Ce qui a permis d’harmoniser les prix au sein de l’hôpital.

C’était une situation confuse dans la maison, on ne savait plus à quel saint se vouer à Vimli ou la ville cruelle. D’où la fuite des malades vers d’autres destinations.

JCJ

À propos de lastucieux

Je suis un journaliste camerounais, j'aime la production audiovisuelle, la présentation des journaux et des émissions spécialisées, j'aime le travail bien fait. Je souhaite que le gouvernement camerounais et les capitaines d'industrie soutiennent ceux qui se battent pour l'amélioration des conditions de vie des Camerounais, tous métiers confondus.

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