Le Directeur qui voulait asseoir son autorité

18 juillet 2013

Santé

Accablé d’accusations et d’invectives par ceux qui sont supposés l’aider à mener à bien sa mission kamikaze à l’hôpital des Chinois à Mbyo, le Dr Mvogo Stanislas Gervais que nous sommes allés rencontrer le mercredi 8 mai 2013, se défend pour implanter sa marque dans cet hôpital déchiré et abandonné.

Ce jour, nous l’avons bien remarqué, le Directeur de l’hôpital de District de Mbalmayo est arrivé au boulot vers 11h30. Mais malgré ce retard, il est sollicité à chaque instant tant par ses collaborateurs que par tous ceux qui viennent de l’extérieur.

A sujet des accusations portant sur son absentéisme et ses retards au travail, le Directeur avoue qu’il cumulait deux postes, celui qu’il occupait au centre médico-socio d’Elig Essono à Yaoundé et son nouveau poste à Mbalmayo. A Yaoundé, il était médecin et avait l’obligation de consulter ses malades très nombreux chaque jour.

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Entrée principale de l'hôpital

Or à Mbyo, il n’est que Directeur et n’a pas l’obligation de consulter les malades, ses fonctions sont purement administratives. Il se trouve que pendant qu’il travaillait à Yaoundé, il arrivait qu’il ait des réunions en même temps, il était ainsi obligé d’arriver tard à Mbalmayo.

Pour ce qui est de la composition de son équipe personnelle, le Dr Mvogo ne s’embarrasse pas là-dessus. « Chaque transition a des remous, c’est un phénomène naturel. Quand je suis arrivé, j’ai cassé le système qui était en place ici. Dès que vous supprimez les avantages aux gens, ils cherchent à vous mettre en difficulté. C’est tout. »

La gestion du changement en question

Je faisais face à la gestion du changement, je ne peux pas gérer comme mon prédécesseur. Comme tout responsable, j’ai mon équipe confidentielle pour gérer mes affaires privées. Je ne peux pas travailler avec des gens que je ne connais pas. »

Le Directeur de l’hôpital soutient qu’on l’a envoyé à Mbalmayo parce qu’on voulait que cet hôpital redevienne comme avant. « Si on m’avait demandé mon avis avant mon affectation ici, je ne serai pas venu, parce que j’étais au courant des problèmes de corruption et de malversations diverses. », avoue le docteur Mvogo Stanislas Gervais.

Un autre point d’achoppement au sein de cet hôpital qui ne reste que l’ombre de lui-même, c’est la question de l’unicité des caisses. Il y avait plusieurs caisses dans cet établissement sanitaire, tout le monde faisait ce qu’il voulait. « J’ai d’abord interdit ici que les infirmiers vendent les médicaments dans les salles, ensuite il y avait à mon arrivée des faiseurs de dieux. Il y a des gens qui ont fait 17 à 20 ans à certains postes et qui savaient qu’ils étaient inamovibles. Une fois que j’ai frappé du poing sur la table, la grève a commencé. »

Le Directeur dit d’ailleurs que ce qu’il a fait après le lancement du débrayage c’est de muter ou de remplacer les gens qui se croyaient intouchables. « Ce sont les règles de l’administration, on met un subalterne au-dessus du supérieur. », poursuis Gervais Mvogo, qui est aussi accusé de procéder à des affectations fantaisistes. Mais pour lui, c’était une manière de résoudre la crise, en désarmant ses adversaires. « C’était ma manière à moi de résoudre cette crise. Il y a déjà accalmie, j’ai déjà apporté la propreté et la discipline.»

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Couloir de l'hôpital

Le Directeur affirme également que lorsqu’on parle d’affectations fantaisistes, il se trouve qu’il existe des postes juteux au sein de cet hôpital, le major de la pharmacie, celui du bloc opératoire ou celui de la chirurgie, ont des postes qu’on ne peut pas contrôler. Il était obligé de les changer pour anéantir leur puissance.

Les malades ne se plaignent pas

Alors qu’il sait pertinemment que les infirmiers arnaquent les patients, le Dr Mvogo dit qu’il ne peut pas agir autrement, parce que les malades ne se plaignent pas auprès de lui. « Quand on demande aux malades s’ils ont des difficultés, ils nous disent que tout va bien, alors que nous savons que les infirmiers les traitent durement. Or, s’il y a une escroquerie et une plainte, on sera obligé de rembourser et de prendre des mesures internes.», soutient encore le responsable de l’hôpital.

« Ce que je ne comprends pas c’est que quand les infirmiers vous prennent des sous dans les salles, vous êtes un ancien malade d’ici, ils ne parlent pas de cet état des choses. Ils font la grève pour des futilités, mais ils ne peuvent pas aller marcher, pour revendiquer de bonnes conditions de travail à l’Etat. Vous avez vu l’état des salles d’hospitalisation, l’état des lits et autres. Ils ne peuvent pas marcher pour ça. », confie le Directeur courroucé.

Le Dr Mvogo Stanislas avoue qu’il voulait créer un compte à tous ceux qui géraient un secteur pour que les contrôles soient faciles et efficaces, ils ont refusé.

S’étant rendu compte qu’ils n’avaient pas d’issus dans leurs démarches, les grévistes ont écrits des correspondances aux élites et au chef de l’Etat contre moi, il y a eu plus de six contrôles ici à l’hôpital. Mais il n’y a eu rien à signaler jusqu’à ce jour.

« Moi je leur répondais avec des preuves à l’appui. Regardez ce cas par exemple, le pharmacien doit aller acheter les médicaments à Yaoundé, il me pose le problème de déchargement des colis. Ils étaient habituer à payer ceux qui déchargent ici à l’hôpital, ce n’est pas pensable. Ils doivent courir pour recevoir les produits qui vont soigner les patients. Il faut que les gens comprennent que les choses ont changé.», renchérit le boss.

« Je peux me faire au moins 200.000 francs CFA par jour ici à l’hôpital, mais ce n’est pas mon objectif. J’ai ma carrière à défendre, il faut que ceux qui disent n’importe quoi le sachent. », conclut le Directeur de l’hôpital qui a tenu à nous répondre au cas par cas.

JCJ

À propos de lastucieux

Je suis un journaliste camerounais, j'aime la production audiovisuelle, la présentation des journaux et des émissions spécialisées, j'aime le travail bien fait. Je souhaite que le gouvernement camerounais et les capitaines d'industrie soutiennent ceux qui se battent pour l'amélioration des conditions de vie des Camerounais, tous métiers confondus.

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