L’hôpital de Mbalmayo abandonné à la cruauté

18 juillet 2013

Santé

Depuis que le nouveau directeur de l’hôpital de district de Mbalmayo est en place, il y a des cris et des grincements de dents au sein du personnel. Rien ne va. Pourtant cet établissement naguère de référence a perdu tout son charme et sa crédibilité. Nous avons voulu savoir et comprendre qui dérange sur place à Mbalmayo.

Le sieur Gervais Stanislas Mvogo a décidé de tout changer par rapport à ce qu’ont laissé ses prédécesseurs. C’est ce qui choque tout le monde à l’hôpital. Il travaille avec son clan et a supprimé tous les avantages liés au service, avouent ceux et celles qui se disent marginalisés. L’un des problèmes qui dérangent c’est celui des cotes part, qui doivent revenir aux infirmiers en service là-bas. Ils l’accusent de tous les maux et de tous les noms d’oiseaux.

« Il ne peut pas y avoir de bons soins dans cet hôpital, tant que le système Mvogo est en place. », nous a avoués une infirmière, qui en avait marre de ce qu’elle voit faire depuis que la direction de l’hôpital a changé de main.

En fait, l’hôpital de district de Mbalmayo est en l’air depuis quelques temps, le service est approximatif, les chambres se sont vidées à cause de la mauvaise qualité d’accueil et des soins.

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Extérieur de l'hôpital

Les différents bâtiments sont dépassés, le matériel est amorti, en plus de ceci, le personnel est mal traité et démotivé. Selon nos sources à l’hôpital, le nouveau directeur, qui est un transfuge du centre médico-social d’Elig Essono à Yaoundé, a tout verrouillé. Il a désarmé tous les collaborateurs de l’ancien directeur Fouda François Xavier, il leur a coupé tous les vivres et s’est entouré d’une équipe d’une vingtaine de personnes acquise à sa cause.

Ils soutiennent aussi que ses gens occupent les postes importants, ils bénéficient de tous les avantages et sont aux petits soins. La même clique, disent-ils, composée de ses copines, de ses sœurs, frères, belles-sœurs et beaux-frères, joue aux sentinelles à l’hôpital. Tous ceux qui déplacent les mots à l’endroit du boss sont trahis par la Gestapo du Dr Mvogo.

Ce sont les hommes de main du directeur, ils ont un train de vie, qui diffère de celui des autres. Parmi les hommes du directeur, le gardien toucherait 75.000 francs, le secrétaire particulier qui est son frère émargerait 100.000 FCFA.

En dehors des postes clefs qui sont entre les mains de sa bande, il procède aux affectations fantaisistes à titre disciplinaire. Il suffit qu’un infirmier lui manque de respect ou que sa tête ne lui plaise pas, pour qu’il règle son compte.

« Je ne comprends pas, on ne peut pas mettre un IDE en salle pendant qu’un Major est aux soins. », lance une infirmière qui pense qu’un infirmier diplômé d’Etat peut servir à un poste plus important. « Beaucoup d’agents ne viennent même plus au travail à cause de sa mauvaise gestion. Que peut faire un laborantin qu’on envoie en salle ? Rien ! », rappelle une femme de l’hôpital.

Désinvolture ou égarement du Directeur ?

« La méchanceté de Stanislas Mvogo à travers ses comportements se lit à travers ses actes de barbarie », avouaient les infirmiers qui le chargeaient durant notre enquête.

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Bâtiment du laboratoire

Le 17 décembre 2012, lors de la visite de prise de contact du nouveau Préfet du Nyong et So’o, le sieur Djikdent Emmanuel Mariel, il nous a été rapporté que le directeur a reçu son hôte étant en pyjama. Une preuve de mépris grave, qui avait sérieusement affecté le personnel de l’hôpital.

Durant la rencontre entre le Préfet et le personnel de l’hôpital, les infirmiers ont à nouveau posé l’état de leur situation précaire, or le directeur ne voulait pas qu’on en parle au chef de terre. Certains soulignent que tous ceux qui ont dit la vérité ont été trahis par les soldats du directeur.

D’ailleurs, en décembre dernier, 5 infirmiers étaient dans le collimateur de Mvogo Stanislas, qui ne voulait plus apparemment les voir dans son hôpital.

Selon les mêmes sources, le directeur se rend au travail chaque jour à partir de 16 heures, pour ne rien faire. Même si dans la journée, nous avons pu le rencontrer dans les couloirs entre 14 heures et 16 heures.

Au point où certaines personnes n’ont plus la tête à l’ouvrage. « J’ai toujours aimé l’infirmerie depuis ma tendre enfance, mais depuis que je suis ici à l’hôpital de district de Mbalmayo, je suis dégoûtée par ce qui se passe chaque jour.

J’ai demandé un congé pour la première fois de ma vie. Je travaille depuis 8 ans sans repos, parce que j’étais passionnée, mais cette fois-ci j’irai en congé. Je crois que je demanderais même une affectation. », affirme une infirmière tendue et dépaysée.

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La pharmacie chinoise

« Je comprends pourquoi les infirmières vendent les médicaments et arnaquent les malades, je ne suis pas pour ces pratiques, mais je les comprends, compte tenu de notre situation. », renchérie la même infirmière, qui n’était pas loin d’avoir l’idée de changer de métier.

Mais le vol des médicaments vient d’une situation triste, une autre négligence, le gouvernement doit dans ses missions régaliennes, doter les hôpitaux de médicaments et de produits de première nécessité, mais rien n’est fait.

Pour que les pouvoirs publics agissent, il faut attendre parfois six mois pour avoir un savon, de l’eau de javel ou une serpillère. Conséquence, au lieu que les infirmières attendent la manne de l’Etat, elles préfèrent arnaquer les malades qui sont déjà en grande difficulté dans les hôpitaux.

La même réalité est perceptible dans les écoles, où le paquet minimum arrive généralement six mois après le début des cours, voire plus, et il n’est jamais utilisé dans l’orthodoxie.

Tout est ainsi faussé dans notre pays, au point où on est obligé de payer la note salée, avec tout ce que cela comporte, corruption à grande échelle, vol aggravée, tricherie, grand banditisme, sorcellerie, et j’en oublie certainement.

Etam Mot

 

À propos de lastucieux

Je suis un journaliste camerounais, j'aime la production audiovisuelle, la présentation des journaux et des émissions spécialisées, j'aime le travail bien fait. Je souhaite que le gouvernement camerounais et les capitaines d'industrie soutiennent ceux qui se battent pour l'amélioration des conditions de vie des Camerounais, tous métiers confondus.

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