Echec à la CAN 2010 : Iya Mohammed accuse le ministère des Sports

28 janvier 2010

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iyamohammedminsep.jpgLors de la conférence de presse du coach Marie Le Guen au Hilton hôtel de Yaoundé le 27 janvier, où il justifiait son succès en Angola, son assistant Iya Mohammed n’a pas dit un seul mot dans la salle, mais une fois devant les journalistes à l’extérieur, le président de la Fecafoot a déversé sa bile sur la presse camerounaise qui serait à l’origine de la débâcle des Lions en Angola. 

Quand on sait que pour que la plupart des journalistes se déplacent pour aller couvrir les événements sportifs, c’est le gouvernement camerounais qui prend souvent en charge leurs frais de déplacements, il n’y a qu’une déduction simple à faire pour comprendre que le président de la fédération camerounaise de football, Iya Mohammed, accusait le ministère des Sports, qui représente le gouvernement, d’avoir fait le sale boulot pour que les Lions Indomptables passent à côté de leur sujet à la CAN. Dans l’interview qu’il a accordée à une meute de confrères aux abois après les insultes proférées par le coach Paul Le Guen durant sa conférence, Iya Mohammed ne s’est pas empêché de dire que les journalistes camerounais étaient en mission commandée en Angola, et que tout ce qu’ils ont dit et ne pouvait pas permettre à notre équipe nationale d’évoluer dans de bonnes conditions. En même temps, il ne reconnaît pas comme Paul Le Guen qu’il y a eu échec en Angola, « mais si les journalistes trouvent que lorsqu’on est éliminé en quart de finale c’est un échec, alors d’accord c’est un échec », a dit le président de la fédération qui est visiblement mal à l’aise durant la conférence bilan donnée par son entraîneur.

Iya Mohammed continue à vilipender le gouvernement 

guenmasseur.jpgLes journalistes étaient en mission commandée, cela n’est possible que si le ministère des Sports qui les a emmenés leur a donné des munitions pour mettre les choses sens dessus, sens dessous. Il n’est pas possible de comprendre la chose autrement, les journalistes sont à la charge du Minsep, les autres voyagent sous la direction des sponsors du football camerounais, comme MTN, Orange, les Brasseries du Cameroun. Ils sont rares ceux qui partent du pays à leurs propres frais, même s’ils existent quand même. On ne comprend pas cet acharnement sur la presse, alors que les vraies raisons de l’échec des Lions se trouvent ailleurs, sans doute dans l’entourage du président Iya, dans la manière de vouloir conduire les affaires du football dans notre pays et certainement dans l’incompétence de l’entraîneur national. Jusqu’à la CAN 2008, la fédération camerounaise de football que conduit le prophète Mohammed Iya choisissait toujours son groupe de journalistes pour aller couvrir les événements en sa faveur, mais comment admettre aujourd’hui ce que dit le président ? Il refuse de reconnaître à juste titre qu’il y a eu un échec qui tient compte de plusieurs paramètres. A la CAN 2008 au Ghana, tout le monde sait que les journalistes que la Fecafoot avait déplacés avaient pour rôle principal de saquer le travail de l’Allemand Papy Otto Pfister, il fallait montrer qu’il était vieux, incompétent, ivre pendant les matches et qu’il n’avait pas les qualités pour diriger la sélection camerounaise. Non seulement ces journalistes et les membres de la fédération étaient tous contents lorsque le Cameroun perdait ou était en difficulté, mais en plus ils devaient semer la zizanie et la panique pour que tout aille mal. Personne n’ignore qu’il y avait deux délégations camerounaises au Ghana, celle du ministre des Sports avec ses collaborateurs, ses invités et ses journalistes, et celle du président de la Fécafoot avec ses collaborateurs et invités et ses journalistes. C’était une guerre bien ouverte, où des Compatriotes ne se saluaient même plus, pour des histoires d’argent, d’intrigues et de leadership.

A certaines rencontres, des membres de la fédération camerounaise de football dansaient lorsque les Lions étaient menés, juste parce qu’ils ne voulaient pas du coach Otto Pfister que le gouvernement avait choisi pour des raisons d’Etat. Le président Iya n’a jamais dit officiellement qu’il était bien présent au secrétariat général de la présidence de la République lorsque le dossier Otto Pfister a été finalisé entre le SG/PR, N’hanack Tonyé, le ministre Edjoa Augustin et lui-même Iya Mohammed, le dossier a transité par la Primature à l’époque d’Inoni Ephraim avant d’aller à la présidence. Mais durant la crise et les querelles sur le choix de Martin Otto Pfister, le président Iya n’a cessé d’acculer et d’accuser le ministre de l’époque et partant tout le gouvernement en place.

Iya ne dit pas la vérité aux Camerounais 

Pour expliquer pourquoi la fédération ne voulait pas voir l’Allemand à la tête des Lions Indomptables, on nous a dit le Minsep avait pris quelqu’un qui était 10e au classement de la short liste, alors qu’ils avaient choisi Horst Koppel, un autre Allemand, qui était premier de la liste. Mais Iya n’a jamais officiellement dit que ce Horst Koppel était le candidat de la firme allemande Puma qui est l’équipementier des Lions, il l’avait choisi pour des intérêts particuliers, alors que la marque américaine Nike présentait une offre plus alléchante aux Camerounais. Il n’a jamais dit que sa fédération a touché d’importantes indemnités de la part de Puma pour engager Koppel, il n’a pas dit qu’il était fâché parce que les avantages que la fédé devait avoir et non l’équipe nationale se sont volatilisés dans la nature à cause du coup de poing de l’ancien Minsep qui répondait au nom du gouvernement.

ottopfisterfatigu.jpgLe président de la fédération n’a jamais dit aux Camerounais qu’il était à couteaux tirés avec Augustin Edjoa parce que l’ancien ministre avait refusé de prendre tous les sacs d’argent qu’il lui a proposés plusieurs fois pour qu’il le laisse faire dans tous les sens dans les affaires de notre sport roi. Nous ne voulons pas entrer dans les menus détails. Le président de la Fecafoot ne veut pas dire aux Camerounais qu’il a déplacé toute une fédération pour l’Angola, laissant les bureaux vides, où aucun service n’était possible, où le championnat de D1 s’est arrêté, alors qu’aucun amateur n’était retenu pour la CAN. Et que tous les administrateurs de la fédération en mission ont touché des enveloppes faramineuses pour vivre décemment dans un pays le coût de la vie est très élevé. Il ne veut pas dire au peuple camerounais qu’en Angola, il y avait les mêmes soirées culturelles que la fédération contestait au village des Lions, à l’époque de l’ancien ministre. Il y avait les mêmes filles libres dans la délégation camerounaise, les mêmes messes et les mêmes réunions de concertation. Juste parce que les intérêts n’étaient pas assurés, il fallait tout faire pour diaboliser le Minsep, aujourd’hui comme la tutelle a laissé la fédé gérer les retombées de la Fifa, on ne bronche plus. Mais en parlant des journalistes en mission commandée, le président Iya Mohammed n’a pas su continuer à tenir sa langue en bride, la guerre Minsep – Fecafoot est d’ores et déjà repartie pour des conséquences incalculables avant la coupe du monde.

Paul Marie Le Guen a échoué là où Otto Pfister est passé 

En acceptant que le coach des Lions dise qu’il n’a pas échoué en Angola, Iya Mohammed fait preuve de mauvaise foi, lui qui a rejeté tout ce qui concernait Otto Pfister, alors que ce dernier dans sa vieillesse, son incompétence, son manque de personnalité et son ivresse a conduit des Lions pourtant indisciplinés en finale au Ghana en 2008. Or quoi qu’on dise, il a eu la chance, les joueurs ont joué seuls, c’est Samuel Eto’o, Rigobert Song, Idriss Carlos Kaméni et Gérémi Sorel, le 1984, qui faisaient le classement, toujours est-il qu’il s’est classé vice-champion d’Afrique. Le jeune, le beau, le compétent, le rigoureux et celui qui a plus de personnalité, monsieur Le Guen, n’a pas pu dépasser les quarts de finale, alors qu’il avait comme il aime bien le dire un bon groupe et avait ramené la discipline dans les rangs. Le sélectionneur français ne pense qu’à la coupe du monde qui est six fois plus difficile que la CAN, il se moque des Camerounais lorsqu’on lui fixe des objectifs, sous prétexte qu’il a trouvé les Lions à la dernière position lors des éliminatoires couplées. Marie Le Guen a lamentablement échoué, ce que le président Iya aurait pu faire c’est de le lui dire, au lieu de s’acharner sur les journalistes qui continueront à vivre toutes les époques, toutes les campagnes des Lions et du football camerounais avec des regards très critiques tant que le professionnalisme tant prôné n’est qu’un serpent de mer. Les journalistes resteront des chiens de garde tant que les administrateurs de notre football paîtront essentiellement leurs gros ventres, alors que les joueurs eux-mêmes rampent dans la misère.

Jean Charles Jérémie 

À propos de lastucieux

Je suis un journaliste camerounais, j'aime la production audiovisuelle, la présentation des journaux et des émissions spécialisées, j'aime le travail bien fait. Je souhaite que le gouvernement camerounais et les capitaines d'industrie soutiennent ceux qui se battent pour l'amélioration des conditions de vie des Camerounais, tous métiers confondus.

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